"Le groupe Kem One a été placé en redressement judiciaire. Ce sont 1 300 salariés qui sont menacés."
J'ai entendu ça à la radio, ce matin. Je n'ai pas bondi sur ma chaise. Dans ma cuisine, je n'ai pas hurlé, scandalisé, qu' "on vous l'avait bien dit". Non, rien
de tout ça : on est trop blasés, malheureusement, pour être habités encore par cette indignation. J'ai haussé les épaules, peut-être même souri de cette ironie.
Pourquoi ?

Parce que Kem One est issu du groupe Arkema, premier chimiste français, qui, l'an dernier, malgré 500 millions de bénéfices, s'est débarrassé de cette filière. Et à qui l'a-t-il confiée ? À Gary Klesch. Un financier américain, dont la holding est basée à Malte, sa société à Jersey et lui-même en Suisse. Qui a déjà liquidé plusieurs boîtes, en dépeçant leur trésorerie avec soin. Une caution, il faut croire, que cette localisation dans les paradis fiscaux.
Découvrant cette reprise, les salariés se sont alarmés : on confiait leur entreprise à un vautour ! Dans deux, trois, quatre ans, elle serait liquidée et eux avec ! "La seule surprise, pour nous, c'est que ça a mal tourné beaucoup plus vite que prévu, commente Jean-Marie Michelucci, le délégué CGT de Kem One. On pariait sur quelques années, au bout de sept mois c'était plié. Avec un euro, Klesch a récupéré 900 millions !"
Alternative
Il y a un an, avec une poignée de cégétistes, Didier, Régis, Thierry, Pascal, le mar



