
"Le patron offre 180 emplois à l'apéro", s'emballait La Dépêche du Midi le 18 janvier dernier. Le patron, c'est Akka Technologies, la Société de services en ingénierie informatique (SSII) de Maurice Ricci, 390ème fortune française. Et les emplois qu'il "offre", ce sont des postes d' "ingénieur systèmes avionique", "ingénieur test et validation" ou encore "ingénieur SCAO". Derrière ces barbarismes, des métiers qui demandent cinq ans d'études dans les grandes écoles du pays. Des jeunes qui ne pensaient certainement pas être un jour recrutés dans un troquet...
Avec les copains du "Collectif sous-traitant 31", qui veut unir les salariés des boîtes qui bossent pour Airbus, on est toujours prêts pour l'apéro. Ils m'ont donc concocté un faux CV, où je suis compétent en "centrale inertielles destinées aux programmes Airbus". Je n'y comprends rien. "T'inquiète !, me rassure Jérémie. Ce sont des commerciaux qui vont faire les entretiens, ils ne s'y connaissent pas plus que toi et fonctionnent par mots- clés. Regarde juste sur Wikipédia ce qu'est une centrale inertielle." Après un tour sur le net, Jérémie, Michel, Simon, Paul, Pascal et moi, nous prenons le chemin du recrutement new generation.
Marché aux cerveaux
Grimé en parfait petit ingénieur, avec ma mèche sur le côté, mes petites lunettes et ma chemise, je prends place dans la file devant le bistrot. "Sortez vos CV !", nous crie un vigile. Nous déplions tous notre précie



