Certes, on a perdu une place, récemment, au classement : nous voilà 6e. Mais bon, la France reste l’une des principales puissances économiques du monde. Elle pèse de tout son poids dans les orientations du FMI et de la Banque mondiale. Et c’est aussi l’un des principaux États créanciers de la planète. Ses créances bilatérales représentaient fin 2016, plus de 41 milliards d’euros. Une histoire qui remonte à loin. Pour Haïti, par exemple, ça fait deux cents ans qu'elle est en dette…
Haïti : la rançon des pirates
Dans la rade de Port-au-Prince, la menace grandit comme une ombre. En ce jour de 1825, la France a massé sa flotte de guerre au large de la capitale d’Haïti. L’objectif est clair : détrousser l’île, qui a gagné son indépendance en 1804, qui a au passage aboli l'esclavage.
Sous quel prétexte ?
La puissance coloniale réclame un dédommagement, de quoi « indemniser » les anciens maîtres pour « perte de propriété ». Au total, 150 millions de francs or. Soit 68 % du budget annuel de l’État haïtien. Après renégociation à 90 millions en 1838 (suite à l'accord dit « Traité de l'amitié » - on appréciera le cynisme), il faudra attendre 1952 pour que la première république noire indépendante rembourse l'entièreté de la somme aux banques françaises et américaines.
Plus d’un siècle plus tard, les dirigeants haïtiens ont fait leurs calculs : réactualisé, le montant de ce qu’ils ont payé correspond à 21 m



