Un reportage de Cyril Pocréaux, mis en illustration par Francis Buchet.
Une fenêtre sur leur âme.
Mercredi 19 juin, 7 h 15. Train Paris-Amiens.
"Au souvenir du gâteau, à la barre, Didier Lombard a fondu en larmes… Il suffoquait. C'était complètement inattendu.
- Evidemment ! Evidemment! Pour une fois, il était confronté au réel. Loin de ses tableaux Excel."
Il est sept heures du matin, et dans le train, le rédac' chef s'enflamme déjà, s'enthousiasme, alors que les passagers alentours finissent leur nuit. On voyage avec maître Cittadini, avocate spécialiste du burn-out, et qui monte à Amiens pour plaider contre Lidl, pour défendre Sabine et David, un copain de foot lui, tous deux anciens directeurs de magasins, broyés par l'enseigne de hard-discount.
Mais la grande affaire de l'avocate, en ce moment, c'est "le procès France Télécom": "C'est un procès historique. Le dossier fait 66 tomes et 100 000 pages… C'est la première fois que des dirigeants de ce niveau, une entreprise de cette taille, du Cac40, sont renvoyés en correctionnelle. Ils sont jugés pour harcèlement moral. C'est aussi le procès du capitalisme.
- Pourquoi ?
- Le mot "trahison" revient souvent dans la bouche des victimes. Ils se sont retrouvés dans une boîte où l'unique objectif est de faire de profits. Les hommes et les femmes ne comptaient plus, ne restaient que les chiffres. Les familles réclament avant tout des excuses.
- Et les prévenus ?
- Ils sont impassi



