
La Grèce est passée de A- à BBB+, et maintenant BBB-. L'Espagne, de AA+ à AAA. Le Portugal, de AA à AA-. Derrière ces petites lettres, ce sont les taux d'intérêt qui, pour ces pays, vont s'envoler, le poids de la dette publique qui va s'alourdir, des budgets qui seront coupés.
Des notes "dégradées", explique Fitch Ratings, en raison "d'inquiétudes" sur les finances publiques et "d'incertitudes" sur la reprise économique.
Et alors ? Ces agences font leur travail-technique. Elles analysent les comptes. Elles évaluent les risques, chiffres à l'appui.
Très bien.
Juste le sentiment d'un deux poids deux mesures : lorsqu'il s'agit des états, Moody's Standard & Poor's et Fitch préviennent le danger à l'avance, poussent des cris d'orfraie, exigent des réformes structurelles. Mais pour les entreprises ? Là, elles se taisent. Jusqu'à la catastrophe.
Deux poids, deux mesures
En décembre 2001, le groupe Enron s'effondre. Ses magouilles comptables et sa folie spéculative sont mises à jour. Ce n'est qu'une semaine avant l'effondrement total, après maintes tergiversations, que les trois grandes agences de notation dégradent sa note.
Fin 2003, le groupe italien Parmalat coule, un trou de 14 milliards d'euros dans les comptes. Quelques semaines avant le krach, l'antenne italienne de Standard & Poor's créditait encore Parmalat de son triple AAA- couvrant, volontairement ou non les malversations.
Courant 2008, la crise des subprimes s'étend. Les



