Le prochain Fakir est en kiosque ce jeudi 4 décembre!

j
h
min

Journal fâché avec tout le monde. Ou presque.

Supplique pour Tchernobyl

En 1986, la mort rôdait déjà en Ukraine. Elle a gravé des stigmates, dans les âmes, les cœurs et les corps des habitants. Même étouffé sous le silence, un drame laisse toujours des traces.

Publié le 20 mai 2022

« Tchernobyl : Les Russes ont détruit un laboratoire où étaient entreposés des échantillons radioactifs. » « Tchernobyl : confusion sur le niveau de radioactivité. » « Guerre en Ukraine : à Tchernobyl, une radioactivité normale mais à surveiller. » Je voyais passer ces titres, au moment où une partie du monde avait les yeux braqués sur la situation ukrainienne, redoutant, en plus du drame humain, une nouvelle catastrophe nucléaire. Ça m’a ramené, étrangement, à un sentiment d’insouciance. Le 26 avril 1986, nous célébrions en famille le mariage de ma sœur aînée, dans la petite salle des fêtes de Buire-sur-Ancre. Puis, forcément, j’ai repensé à La Supplication, de Svetlana Alexievitch, prix Nobel de Littérature en 2015. Des témoignages bruts d’habitants de l’ex-URSS, recueillis pendant les années qui ont suivi l’explosion de la centrale, ce même 26 avril 1986. Le parallèle avec la situation actuelle est frappant : les références à des scènes de guerre y sont permanentes. Militaires dans les rues, peuple en exil sur les routes, tensions, rationnements… Pour le peuple soviétique, en 1986, les souvenirs des guerres en Afghanistan, contre l’Allemagne nazie et même la France napoléonienne sont encore vivaces. Mais cette fois-ci, la bataille à remporter est très particulière : vaincre les radiations, un ennemi invisible, inodore. Et malgré tout, ce qui est frappant dans les témoignages ramenés de Tchernobyl,

Contenu réservé à nos abonné·es

3€ par mois seulement !

Vous devez être connecté·e à votre compte Fakir pour accéder à cet article.

Articles associés

Pour ne rien rater, inscrivez-vous à la

NIOUZLAITEUR

Les plus lus

Les plus lus

Retour en haut