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Journal fâché avec tout le monde. Ou presque.

Un député à l’hôpital psychiatrique

« Quand je reviendrai comme député, je passerai une journée dedans, et je rendrai compte de ce que j’y ai vu. » C’était une promesse de campagne. Pas proclamée du haut d’une estrade, non, plutôt marmonnée en mordillant une merguez, aux quelques soignants qui m’entouraient. Eux distribuaient des tracts sur le rond-point devant l’hôpital Philippe Pinel, protestant contre le « massacre de la psychiatrie ». Comme promis, voilà ma première enquête de député-reporter.

Publié le 28 novembre 2017

Car ça ouvre des portes, une élection. Pas seulement de l'hôpital psychiatrique, des pavillons. Mais aussi les portes de la direction, de l'Agence régionale de santé. De quoi éplucher les budgets. De quoi mesurer le fossé entre les nobles discours et la réalité. Ca ouvre les portes, enfin, évidemment, de l'Assemblée. Pour y interpeller la ministre. Pour, surtout, fabriquer des lois. Pour que, demain, on n'énonce plus comme une évidence: "Misère de la psychiatrie, psychiatrie de la misère." Au pavillon Esquirol, le goûter se termine. Autour de nous, des gueules cassées, en fauteuil pour beaucoup, le cou plié en deux, qui avalent un petit suisse, un bout de gâteau. "A deux... sont qu'à deux... deux infirmiers... à deux..." Mme B. nous saute dessus: "Du personnel... faut du personnel...". Je note sur mon calepin, mais elle nous poursuit encore: "A deux... sont qu'à deux..." Pour la calmer, on s'assied à ses côtés, et elle répète "A deux... sont qu'à deux..." Les autres patients protestent: nous sommes l'attraction de leur journée, et ils en veulent leur part. "Du personnel... Faut personnel..." Mme B. n'en a cure, elle ne lâchera pas sa proie, nous: "A deux... sont qu'à deux...", et c'est Marine, l'infirmière, qui vole à notre secours: "Nathalie ! S'il te plait, Nathalie !" Marine nous murmure: "Nathalie demande beaucoup beaucoup d'attention. On pourrait essayer de l'occuper. Quand on range le linge, des fois, on lui dit : 'Nathalie, tu veux no

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