"La Confédération Européenne des Syndicats était assez hostile à l'Europe telle qu'elle se construisait, raconte Corinne Gobin, chercheuse à l'Institut de Sociologie, à Bruxelles. Son problème, c'est qu'elle a cru en Jacques Delors, lorsqu'il est devenu président de l'Union Européenne, en 1985. C'est par là, par Delors, qu'est arrivée l'expression ‘dialogue social'.
"Il avait promis du donnant-donnant : la flexibilité en échange d'un maintien de l'industrie, et la CES a aménagé son discours, a poli ses critiques sur l'Europe. Mais Delors n'a rien donné en contrepartie : il a bâti l'union économique et monétaire, mais pour l'emploi, pour le social, on verrait plus tard. Les anciens dirigeants de la CES, plutôt des socialistes, se sont sentis les dindons de la farce. Et en 1991, l'organisation a basculé : elle élit à sa tête Gabolio, un démocrate-chrétien. L'on passe alors d'un discours d'opposition à de l'accompagnement, avec des thèmes qui ont essaimé dans les syndicalismes nationaux : la formation professionnelle, le temps partiel, la baisse des cotisations, la flexisécurité…"
C'est cette Confédération Européenne des Syndicats, à la roue de la Commission Européenne, que la CGT intègre en 1999 – parrainé à l'époque par la CFDT. Avant d'intégrer son bureau, en récompense de sa bonne tenue. Car à Bruxelles, la centrale envoie un eurobéat : "Quand la CGT a intégré la CES, analyse toujours Corinne Gobin, la FGTB [le pri



