
En route vers Compiègne, radio allumée. Dès le matin, dès 7 h 20, France Inter délivre sa leçon d'acceptation :
"On a assisté cette semaine à une radicalisation des conflits sociaux. Dans trois entreprises, Nortel, New Fabris et JLG, des salariés ont menacé de faire sauter des bonbonnes de gaz pour obtenir des primes de licenciement. (…) Est-ce plus dur de se reclasser quand on a été au cœur d'un conflit très médiatisé ?"
– Oui, analyse Jean-Francis Pécresse, du quotidien Les Echos. Trois ans après la fermeture de l'usine Cellatex de Givet, moins de 40 des 150 ouvriers avaient retrouvé un CDI. Et en 2003, toujours, seuls 1.800 des 3.000 ex-salariés d'Airlib avaient pu se faire embaucher ailleurs. Le plus sûr, c'est encore de s'en remettre aux outils de reclassement qui existent et qui vont être étendus comme le contrat de transition professionnelle. Ne pas céder au chantage du désespoir, c'est difficile mais c'est aussi privilégier des solutions plus structurelles, plus durables.
Ne pas lutter.
Courber l'échine.
Plutôt "s'en remettre aux outils de reclassement".
Toute la journée, au fond, au procès des Conti, après les médias, les magistrats vont taper sur ce même clou : mieux vaut se soumettre…
Des regrets ! On veut des regrets !
"Sous le coup de la colère, j'ai pris la bouteille d'eau sur un bureau, je l'ai jetée par la fenêtre et je suis reparti." Vincent, deux enfants, 12 ans d'usine, n'aurait rien fait dans le sacca



