
Ce matin, Fakir a ciré ses chaussures, repassé sa tunique, et même rasé sa barbe en broussaille. C'est qu'aujourd'hui, au "rendez-vous annuel des décideurs", il va fréquenter les grands de ce monde : tout le gratin du CAC 40, les directeurs de EDF, Suez, British Petroleum, Capgemini, et Alain Juppé ! Et même Philippe Douste-Blazy ! Tout ça, "sous le haut patronage de Nicolas Sarkozy".
Un cahier pour les autographes dans le sac, on se rend au "6th World Forum of Sustainable Development". Au, donc, "6e Forum Mondial du Développement Durable". Qui se déroule non pas à Copenhague (trop loin, trop cher, trop polluant pour votre canard) mais dans les sous-sols du Sénat. Où l'on avance sur une moquette épaisse, entre les bustes de Marianne…
Une "passerelle entre Davos et Porto Allegre"…
mais moins de monde qu'à Chambéry !
"Juste un mot pour vous dire dans quelle philosophie nous travaillons." A la tribune, l'organisateur, Emile Malet, ouvre les hostilités tout en mollesse : "Le développement durable est venu j'allais dire nous protéger, oui, comme un paravent en quelque sorte pour ne pas laisser une mondialisation égoïste et incontrôlée tout emporter."
A peine quatre-vingts personnes, dans la salle. Des étudiants, pour la plupart, condamnés à prendre une leçon d' "éthique". Alors qu'on avait lu "Forum Mondial" sur la plaquette, alors que ça se voulait la "passerelle entre la mouvance du World Economic Forum de Davos et l'altermondial



