Il y a à la fois quelque chose de pathétique et de comique
dans ces discours qui se répètent, depuis bientôt quarante ans, presque à l'identique. Chez ces dirigeants qui courent après une " croissance " qui ne revient jamais. Qui guettent le ciel financier comme des météorologues, dans l'espoir d'un coin de ciel bleu. Qui ouvrent les entrailles de la relance comme des pythies. Qui réclament de nous une " attitude ", un " comportement ", un " état d'esprit " – comme si c'était nous qui l'effrayions, cet étrange oiseau, avec notre psychologie trop négative.
Comique, donc, par la répétition du même gag.
Mais pathétique, aussi, parce que c'est l'un des biais qui rend la politique dérisoire depuis tant d'années. Nous ne pourrions rien faire, ou si peu — du symbolique ; nos présidents et ministres ne pourraient rien changer, sans, d'abord, cette croissance. C'est le meilleur prétexte, le plus formidable, pour repousser à toujours plus tard les réformes progressistes.
Et c'est reparti de plus belle !
Avec François Hollande, bien sûr, qui croit sortir l'Europe de la récession en implorant la croissance du soir au matin (toujours assorti de " dans la maîtrise des dépenses publiques ", etc.). Mais qu'on tombe, par hasard, sur une édition du supplément économique du
Monde et qu'y lit-onÂ