C'est l'un des mots les plus martelés dans les assemblées générales du Medef. Qui a apporté au patronat une victoire idéologique de taille...
Il faut "une croissance plus forte", "accélérer la croissance", "faciliter la croissance", "renouer avec la croissance", "relever la croissance française", "créer plus de croissance", "appuyer sur les leviers de la croissance et de l'emploi", etc. Autant d'expressions qui appartiennent, dirait-on, au sens commun mais que, en vérité, les patrons ont martelées depuis une quinzaine d'années. D'après les calculs de Josette Lefèvre, "croissance" est le huitième terme le plus employé dans les assemblées générales du Medef.

"Effet anesthésiant"
Pourquoi ? Pour que "la croissance" devienne un fondamental, un impératif, un préalable : "On ne peut pas faire de l'emploi sans croissance", énonce le Medef (2007). Et ça paraît désormais une évidence. "C'est la croissance de l'économie qui assure celle du pouvoir d'achat." Ca tombe sous le sens, presque une loi physique. "La confiance ne suffit pas pour faire de la croissance, mais sans la confiance, c'est le désastre" (2009). On croirait du Hollande-Obama. C'est l'indice d'une victoire : le langage courant a fusionné avec la langue patronale. "C'est le propre du discours dominant : il a un effet anesthésiant, remarque Josette Lefèvre. Pour les dirigeants économiques, cette croissance est la pierre angulaire du consensus,



