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Journal fâché avec tout le monde. Ou presque.

Les « trois huit » en huit jours

Fakir poursuit, avec vous, son « dictionnaire des conquêtes sociales ». Aujourd’hui : les « huit heures ». Pendant un siècle, de grèves en défilés, le mouvement ouvrier les avait réclamées. Elles lui seront accordées en huit jours, sous la panique, au sortir de la Grande Guerre…

Publié le 21 mai 2014

C'est un proche de Clémenceau. Pendant la Grande Guerre, il a dirigé de fait le ministère des Armées. L'armistice signé, il reste aux côtés de son Président du Conseil. Dans son journal, le général Mordacq se confie : " M. Clémenceau estimait que les huit heures représentait une des plus vieilles revendications de la démocratie française, et, qu'après une guerre comme celle-là, dans laquelle le poilu avait versé son sang sans compter, il était moralement impossible de ne pas lui accorder cette satisfaction, bien faible d'ailleurs à côté de tout ce qu'on lui devait. " C'est une récompense pour les sacrifices endurés, donc, que cette réforme sociale. Mais c'est aussi du lest lâché sous la menace. Le directeur du cabinet poursuit : "D'autre part, au point de vue social, n'était-ce pas un moyen d'apaiser tous ces poilus qui, redevenus maintenant citoyens, allaient forcément se montrer des plus exigeants ? La loi de huit heures, comme le suffrage universel lui-même, présentait, dans l'application, d'immenses inconvénients, mais au double point de vue moral et social, il valait beaucoup mieux faire le geste tout de suite et la faire voter que d'attendre et de se la voir arracher peu à peu par des grèves et peut-être même des mouvements populaires dont les conséquences sont toujours des plus graves." En quelques semaines, alors, au printemps 1919, " la loi des huit heures " est accordée. Aprè

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