Jusqu’à la fin des thons
8 millions : près de 8 millions de tonnes de thon furent arrachées aux océans pour la seule année 2018, selon un rapport de la FAO. Soit environ 91 millions d’animaux. Un chiffre qui en dit beaucoup : la pêche est une activité de « cueillette hyper prédatrice et court‑termiste » qui ne tient pas assez compte des délais nécessaires à la reconstitution des stocks, selon l’ONG Sea Shepherd. Pour remplir nos boîtes de thon rondes et bleues, tous les moyens sont bons. Par exemple pêcher des juvéniles – ces poissons trop jeunes pour avoir eu le temps de se reproduire – parce que les plus gros poissons manquent. Ou utiliser des techniques comme le DCP, dispositif de concentration des poissons sous abris flottants, qui génère chaque année 100 000 tonnes de rejet de poissons, tortues, dauphins. Les industriels évoquent d’inévitables « dommages collatéraux » : environ un million de requins sont tués chaque année, rien que dans l’Océan Indien. Bref : on ne lésine pas sur les moyens. Résultat : les experts en biodiversité marine estiment que le thon rouge aura disparu d’ici trois à cinq ans si aucune mesure sérieuse n’est prise. Ici, le progrès n’en est pas vraiment un : les avancées réalisées ces dernières années dans les techniques de pêche (comme la senne, consistant à encercler les bancs de thons) et les meilleures capacités de réfrigération des bateaux ont rendu possible une multiplication



