De quoi grincer des dents
Chine, Europe, États-Unis : le dentifrice se fabrique partout car, s’il y a des géants du secteur (comme Procter&Gamble et Unilever), aucun n’est en position monopolistique. Il se fabrique partout, mais aussi n’importe comment : en Inde, des entrepreneurs se sont spécialisés dans la contrefaçon de grandes marques, pour une camelote écoulée sur les marchés. Mais c’est bien dans les usines que réside le premier scandale. Alors que les cuves métalliques où la pâte est brassée côtoient les lignes de remplissage qui délivrent la même quantité de dentifrice au milligramme près, à la cadence de 180 tubes par minute, en bout de chaîne vient l’emballage « secondaire ». Des « opératrices » qui, pour Colgate par exemple, s’attachent toute la journée à ranger des lots plastifiés dans des cartons – job rémunéré en France au Smic horaire. L’organisation de ces usines 4.0 (associant I.A. et robotisation) est au diapason de nos sociétés où la condition moyenne a disparu : d’un côté des boulots sous qualifiés et sous-payés, de l’autre des postes prestigieux « d’ingénieurs process » comme ceux proposés par Colgate dans son usine de Compiègne. Postes qui consistent à mettre des segments entiers de la production sous tutelle de l’IA, et proposer des solutions de robotisation là où des opérateurs sont encore employés. Ces ingénieurs, payés 3200&



