« Le dimanche matin, mon père m’a appelé : ‘‘Ta mère fait un malaise, il y a plein de monde, viens…’’ J’ai sauté dans la voiture. En arrivant je vois que le Smur est là, la gendarmerie aussi. J’ai entendu parler de défibrillateur. J’ai été ambulancier, alors je savais… Mes parents, ils dormaient près d’une plage. Par honte, ils se cachaient, près du port. Avec vue sur la mer… Ils allaient à côté des toilettes publiques, ma mère s’est levée pour y aller. Mon père attendait, attendait, il trouvait qu’elle mettait du temps à sortir. Il est allé voir, elle a ouvert la porte et a dit ‘‘Je ne me sens pas bien, je vais mourir’’… »
C’est un doux colosse qui parle en face de moi, par écran interposé, il porte une barbe épaisse, mais sa voix tremble, et étouffe finalement quelques sanglots. Maximilian m’avait prévenu : il serait le seul, dans sa famille, parmi ses proches, à accepter de témoigner. Encore trop de mal, trop de douleur, pour tout le monde. Le 23 novembre dernier, sa mère, Sylviane, est morte au petit matin sur un parking de Mesquer, en Loire-Atlantique. Épuisée, elle avait passé plusieurs nuits froides dehors, à dormir dans sa voiture avec son mari. Tous deux avaient été expulsés, quelques mois plus tôt, de leur logement HLM de Piriac-sur-Mer, juste à côté.
J’étais tombé sur son histoire en discutant avec les copains de la rédaction à propos du logement, des messages qu’on



