Eh oui, trois semaines. Le docteur a dit que comme ça j’allais bien récupérer.
— Ah non mais pas de souci, tu penses. Repose-toi bien, et reviens-nous en forme mon grand ! »
Quand ça a commencé, il l’a jouée grand seigneur. Là, c’était Camille qui se retrouvait en arrêt maladie. Et Cyril, le rédac’ chef, était beau joueur, prévenant, même. Ou presque.
« Bon, c’est vrai que c’est pas le meilleur moment, hein, avec le prochain numéro à boucler, mais pas de souci : re-po-se-toi bien ! » Il avait les vues moins larges, déjà, une semaine plus tard. Ce jour-là c’est Pierre qui nous envoyait son arrêt de travail, avec un commentaire : « Je sors de chez le médecin, il a sorti les pinces pour écarter mon œil, c’est bien une conjonctivite bactérienne, il m’a arrêté trois jours. » Là, Cyril a attrapé son téléphone, direct. On l’entendait, à travers la porte de son bureau.
Cyril : « Dis Pierre, ton histoire d’œil fermé, là…
— Oui, je vois plus rien.
— Mais dans mon souvenir, t’en avais bien deux des yeux, non ?
— …
— Et donc l’autre, il te sert à quoi ? Il est en repos, lui aussi ? Tu peux pas bosser avec un seul œil, c’est trop de mots à lire pour lui tout seul ?
— Ben, c’est que ça me fait vraiment mal à la tête.
— Bon, bon… » Il a grommelé. «&nb



