Amiens, le 17 octobre 2025.
« Tu sais pourquoi il s’est déclenché ?
— Non, on ne sait pas me dire. Et puis, dans ma famille, il n’y a pas de cancer du sein. C’est pour ça qu’avant je ne me souciais pas du tout des dépistages, je ne me posais même pas la question. » Assise sur un bloc de béton, Bénédicte soupire.
Ce jour-là devant la clinique de l’Europe, on discutait, elle atteinte d’un cancer du sein, moi venue en reportage, quand je l’ai croisée à la sortie de son rendez-vous avec l’oncologue.
« C’est compliqué de savoir, je pense. De toute façon, ça ne changera rien, il faut que j’aille de l’avant pour guérir », elle me sourit.
De retour à la rédaction, Cyril, le rédac’ chef, m’interpelle avant que je n’aie le temps de poser mon sac, et soupire. « T’as vu qu’une étude récente place la France en tête des pays avec le plus de cancers ? » Je hoche la tête, encore secouée par le témoignage de Bénédicte. « Et tous ces cancers, c’est à peu près clair, c’est lié à l’environnement, à la pollution, il insiste.
— Oui, oui… » je lui réponds sans trop de conviction. « Mais est-ce qu’on peut vraiment déterminer les facteurs à l’origine des cancers ? Est-ce que ce n’est pas surtout génétique ?
— Hmm. Ça mériterait un papier. »
***
« Le crabe, c’est moi qui le bouffe, pas le contraire ! Alors je



