« Moi ça fait vingt-cinq ans que j’ai la friterie, je peux te dire que j’en vois passer des gens. Les soirs de match, je t’en parle même pas. J’ai ta réponse : c’est l’humain d’abord, c’est ça qui prime à Méricourt. » Je suis avec Serge au pied du terril, la toile de fond de Méricourt, dans le Pas-de-Calais. Cette montagne noire de charbon, c’est le symbole de l’histoire minière de la région. Juste au pied du Bossu, on ne peut pas la manquer, et encore moins la nuit avec ses néons de toutes les couleurs, la « Friterie Mustang, chez Serge et Perrine ». Même pour la plus petite portion, celle à trois euros, tu t’en tires pour un bon kilo, bien chaudes. Des clients poussent Serge à poser, que je le prenne en photo. Il lève le pouce en l’air, avec son sourire de pirate. Je l’ai lancé sur les Sang et Or, le club de foot de Lens, je ne peux plus l’arrêter. J’aurais bien parlé foot des heures encore, mais ce n’est pas l’objet de mon reportage.
« Moi je vais te dire : le maire il est bien, il a un côté humain. Il a fait la cantine. Il a fait les colos aussi pour nos gosses. Il a défendu des gens pour les reloger, il a fait un grand centre social... Je l’apprécie beaucoup, il est vachement humain, il aide beaucoup les gens. » Bernard Baude, le maire de Méricourt depuis vingt-quatre ans, me le glissera plus tard : « Mon plus gros défaut ? Je suis communiste. 



