Capitalisme sans filtre
Six millions d’employés au total. 1300 répartis dans la seule usine de l’entreprise VPV, sur quinze lignes de production dans un hangar de 18 000 m² : les cigarettes « électroniques » sont fabriquées à 90 % en Chine, à Hangzhou, Dongguan et Shenzhen, par des géants du secteur comme VapeEz Technology. Les ouvriers en rangs d’oignons, assemblent à la main et à l’aide de petits marteaux, pistolets à colle et machines-outils décaties, la résistance, la batterie et le réservoir d’un dispositif qui n’a d’électronique que le nom. Leurs gestes sont exécutés au prix d’une tension nerveuse impossible à dénouer lorsqu’on doit rester assis de 9h00 à 21h00, avec une seule heure de pause. D’autres sont encore moins gâtés, comme ces « opérateurs » à peine sortis de l’enfance, chargés de tester jusqu’à 10 000 vapoteuses par jour en inhalant leurs fumées. « Leur boulot, c’est de se tuer les poumons », commente sobrement le présentateur d’une vidéo prise clandestinement dans une usine de Shenzhen.
Les marges, énormes (le prix de revient d’une e-cigarette va de 2 à 10 €, mais elle sera revendue jusqu’à dix fois plus), attisent les convoitises, et l’automatisation des tâches est devenue une priorité pour gagner des parts de marché. L’objectif du leader du secteur, ALD, est actuellement de mettre au point une usine d’e-cigarettes entièrement robotisée, pour pouvoir se passer



