Il a pas tort : notre Préfet fakirien de Haute-Savoie se démène pour nous depuis des années déjà, toujours en fanfare, en couleurs, bruit et bonne humeur, on ne peut pas le manquer. Il recrute, même, de nouveaux bénévoles !
Il nous a raconté l’histoire, du coup, quelques jours plus tard, tout en cuisinant des andouillettes. « L’aventure fakirienne, elle a commencé il y a une dizaine d’années maintenant. Je me suis abonné, et puis un jour vous m’avez envoyé des journaux et des livres pour que je les vende en manif... J’aime bien la ligne de Fakir : un journal politique, mais qui s’adresse à tout le monde. Ici, dans mon petit bled de montagne, les gens ne veulent pas parler politique. Même si, sans le vouloir, ils le font quand même avec des sujets comme les déserts médicaux ou la retraite…
— Ça a l’air de t’animer la politique…
— Ma famille est issue de classe paysanne et ouvrière. à table, ça parlait forcément de politique et des valeurs de gauche. Mais ce sont les voyages qui m’ont fait prendre conscience de beaucoup de choses. À vingt ans, j’en ai trente-et-un aujourd’hui, j’ai traversé l’Atlantique pour traverser l’Amérique du Sud en stop. Je suis parti sans argent, le but était de donner un coup de main aux familles en échange du logis. »
Là, une rencontre va changer son regard sur beaucoup de choses. « Au Pérou, j’étais dans un pueblo proche du Machu Picchu. J’aidais un mons



