« Monsieur, je vais vous demander 150 euros. Vous n’avez pas le droit d’avoir un vélo à cette heure-là dans le RER.
— Ha ha ha ! »
Je me marre, franchement, à voix haute, dans le wagon.
Je suis persuadé que le gars déconne.
Il déconne forcément...
Mais il ne rit pas, remarquez. Il vient de passer son brassard, pour bien montrer que lui est contrôleur RATP, et qu’il n’est pas là pour se marrer.
« Mais… vous êtes sérieux ?
— Tout à fait monsieur. Vous ne pouvez pas voyager avec un vélo. C’est 150 euros d’amende.
— Mais c’est autorisé, dans le RER…
— À partir de 19h00. Il est 18h47, donc je vais vous demander 150 euros monsieur. Vous réglez comment ? »
Il est pas très grand, cheveux courts et regard inquisiteur, mais je vais lui faire entendre raison, quand même. Il va comprendre.
« Mais attendez, c’est pas possible, à dix minutes près… Je prends le vélo dans le RER pour pas polluer avec une bagnole, et parce que c’est moins cher en plus, vous pouvez pas me mettre une amende de 150 euros ! Vous réalisez la somme que ça fait ? [J’ai failli lui dire « Surtout qu’à Fakir on gagne pas grand-chose ! », mais je me suis retenu.]
— Et vous, vous réalisez ? Vous réalisez qu’il gêne tout le monde, votre vélo, dans un wagon plein ?
— Ben… Justement, regardez… »
Du menton, je lui désigne la rame : cinq personnes peut-être dans un wagon qui peu



