« Mais on est en plein milieu des terres, ici ! Et c’est là qu’ils veulent construire une mer artificielle ? Avec un moteur, avec des vagues ? » C’était au printemps 2019. On s’était retrouvés au milieu des champs, avec Maïthé et Yoann, qui nous expliquaient la dernière lubie des élus : construire un Surf Park artificiel à dix bornes à peine de l’océan, à Saint‑Père‑en‑Retz, à l’ouest de Nantes. « C’est un projet qui s’est déjà monté en Écosse, nous expliquait Yoann, la trentaine, grosses lunettes et chemise rouge à carreaux. Un grand bassin au milieu de la campagne, pour y faire du surf. Pour une heure de fonctionnement, la consommation énergétique, c’est l’équivalent de quatre foyers sur un an. Donc imaginez avec le nombre d’heures où le bassin va fonctionner… » Le Surf Park prévoit alors de bétonner 8,4 hectares de terres agricoles pour créer un bassin de 200 mètres de long sur 75 de large. Derrière, tout est à l’avenant : un complexe sportif et hôtelier, un camping de huit hectares… Douze millions d’investissements prévus, des millions de litres d’eau potable engloutis. Et 40 € l’heure de surf. C’est à une société privée, Nouvelle Vague, qu'est venue cette idée de génie. Il ne lui a pas fallu longtemps pour convaincre la commune, le Département et même le ministère des Sports : quinze emplois créés, 100 000 visiteurs attendus dans l’année sur les routes de campagne. « Mais les te
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