« On faisait des efforts, mais on pouvait toujours se brosser pour être remerciés », peste Francis, ouvrier à la fonderie de Lorraine. Depuis quelque temps, la direction de cette usine de Grosbliederstroff menait la vie dure à ses salariés. Voilà quelques mois, « on nous a dit que le site était en déficit, qu'il fallait faire rentrer 3,7 millions d'euros de plus, et donc bosser davantage… », poursuit l'opérateur moulage. Francis et ses collègues s’y plient. Pour les beaux yeux du groupement des multinationales ZF and VOIT, 160 000 salariés, coactionnaires majoritaires de la fonderie et fournisseur des plus grandes marques de l'automobile mondiale, ils enchaînent les 3x8, cravachent les week‑ends. « Alors, quand les négociations annuelles obligatoires sont arrivées, on a exigé notre dû », raconte Laurent Vespa, délégué syndical CGT de la fonderie. Plus connu sous le nom de « Pépé », en bon doyen de l'usine.
Mais les réunions se succèdent, longues, inutiles, et les salariés ne voient rien venir. « Le directeur prétextait qu'il n'avait pas la main, que les décisions étaient prises en Allemagne... Ses simulations ne montaient pas haut : 30 € de salaire ! raconte Pépé. C'était tellement bas qu'on savait bien que ça allait péter... à la sortie de la dernière réunion, le 8 mars, les syndicalistes sont allés trouver l'équipe d'ouvriers en poste. Et à l'unanimité, ils ont voté la grève. Et on a exigé 300 €
Plus chauds que la fonderie !
À la fonderie de Lorraine, trois jours de grève ont suffi pour multiplier par cinq l’augmentation promise par la direction ! Faut dire, quand on compte 90 % de grévistes…
Publié le 28 avril 2023
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