
C'était pour moi une métaphore de la crise.
La même histoire qui se répétait. À l'automne 2008, le système financier s'est cassé la figure. Les banquiers eux-mêmes, et leurs porte-voix politiques, se livraient à des autocritiques en place publique : oui, ils s'étaient gavés durant des années. Oui, ils avaient ruiné des ménages, des villes, des pays. C'était l'occasion de tout changer. Et nous avons bien manifesté, à plusieurs millions, aux cris de "Nous ne paierons pas leur crise", mais sans plan de bataille, sans dirigeants de rechange. Le système s'est donc remis sur pied, à l'identique. Et même, autour du cou des peuples, l'argent resserre encore la corde, d'un plan de rigueur à un Traité européen.
Le dossier Doux illustre ça, en raccourci.
L'absurdité d'une agriculture mondialisée, à coup sûr. Mais surtout nos propres faiblesses. Car à quoi bon dénoncer l'ennemi, pleurnicher sur ses ruses, ses coups, sa puissance ? C'est un ennemi, prêt à tout pour maintenir son taux de profit. Mieux vaut s'attaquer à nos propres défaillances. Comment se fait-il que, après la chute de Lehman Brothers, nous n'ayons pas su saisir cette chance, imposer nos réformes, faire mettre un genou à terre à la finance ? Comment se fait-il que, idem, après la chute de Doux, nous n'ayons pas su saisir cette chance, reconvertir cette filière, imposer nos réformes, en faveur de la justice sociale, du progrès environnemental, de la solidarité int



