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Journal fâché avec tout le monde. Ou presque.

Vivre à crédit (2): «J’ai éprouvé la résistance d’un lobby.»

Entretien avec Nathalie Nolen, directrice de l’association Cyprès, qui gère chaque année plus de cinq cents dossiers de ménages surendettés dans la Somme.

Publié le 1 avril 2006

Fakir : Quel est le "profil type" du surendetté? Nathalie Nolen : Depuis 2001, on a une augmentation de 54% du nombre de dossiers déposés. La répartition c'est 55% d'ouvriers et employés, 32% de personnes vivant des minima sociaux, le reste, c'est n'importe qui, vous, nous, même des cadres et des médecins. Le cas le plus fréquent, c'est la perte de boulot compensée par du revolving. Je me souviens bien d'un couple de jeunes en accession à la propriété qui avait un peu de crédit à la consommation. Lui travaillait chez Goodyear aux 3/8. Il a contracté une maladie des intestins et demandé un déplacement de poste près des toilettes. Refusé. Il a frappé à toutes les portes: médecine du travail, rien. Syndicats, rien. Il a un arrêt maladie, revient, puis nouvel arrêt maladie. Il a fini par démissionner, donc pas d'indemnités. Sa femme et lui déposent alors un dossier de surendettement. Malgré les courriers de l'avocat, une mise en demeure, l'intervention d'un juge de proximité, le Crédit agricole n'arrêtait pas de prélever sur leur compte, indûment, des mensualités pour la maison. Le couple a dû vendre le pavillon pour éponger les dettes, et re-déposer un dossier de surendettement... Fakir : Vous assistez les ménages, mais est-ce que vous luttez également contre ces sociétés de crédit? N.N. : Agir en amont, c'est le sens de nos poursuites en justice. On a gagné contre le Crédit agricole dernièrement. Ils avaient envoyé un

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