C'était le 25 avril dernier. Jean-Luc Mélenchon passait sur France 2, en prime-time, dans Des paroles et des actes, face à Pujadas : "On parle de protectionnisme solidaire…" Et il insistait : "Un fait nouveau, le protectionnisme solidaire, normalement les intellectuels ça les intéresse…" Ça devenait un credo : "Le protectionnisme solidaire, ça veut dire discuter avec les Chinois, produit par produit, de ce qui sort de chez eux et qui rentre chez nous." Et après l'Asie, l'Amérique du Sud : "Un jour, Mme Cristina Kirchner a décidé que vous ne vendrez plus de téléphones portables en Argentine s'ils ne sont pas fabriqués ici : ça s'appelle du protectionnisme solidaire."
En toute franchise, dans mon coin, devant mon écran, ça m'a ému. Je me suis revu, à l'automne 2007, titrant le numéro 35 d'un Fakir encore local "Contre le fatalisme, vive le protectionnisme !", et reprenant le même titre en juin 2008 pour un débat avec Emmanuel Todd et Jean-Luc Gréau à l'auditorium Henri Dutilleux, à Amiens. Y avait quoi ? Une petite centaine de personnes dans la salle, malgré des milliers de tracts diffusés, malgré la fermeture de Cosserat (velours), malgré les soucis déjà chez Goodyear, et on avait bâché, me semble-t-il, les rangées du fond pour que le public se concentre sur le devant et fasse illusion. Ça avait, pour moi, le parfum mélancolique d'une semi-déroute.
Et surtout, arracher un sans-papiers aux griffes de la préfecture, on sait fair



