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Journal fâché avec tout le monde. Ou presque.

Le jugement avant-dernier

J’avais tout perdu, à l’hôpital : vingt kilos, mon boulot, mon mariage. Et voilà que l’église m’intentait, en prime, un procès devant un tribunal ecclésiastique…

Publié le 20 décembre 2013

"T'as vu, Pierre ?

Regarde bien leurs pupilles. " Vinz me montrait des chèvres, en Ardèche. " Elles sont rectangulaires, t'as remarqué ? " Je remarquais en silence. On s'est remis à marcher doucement dans la montagne. Ça faisait deux mois que j'étais sorti de l'HP, et j'étais encore sévèrement azimuté. Allumé de cachetons, habité par les visages et les vies défigurés de l'hôpital, déchiré de camisoles de force, je me raccrochais maintenant aux épaules de mon meilleur pote. Il ne disait rien, Vinz, ou pas grand-chose, une balade, quelques tranches de saucisson, un éclat de rire. Il était juste là, le granit de mon enfance, à m'entourer de permanentes discrétions, et la vie revenait à pas comptés. J'avais tout perdu, à l'hôpital, vingt kilos, mon boulot, mon mariage – Garance, mon épouse devant la République et devant Dieu, s'était tirée à la très dure, salut, et qu'on ne se revoie plus, son dos tourné dans les couloirs blafards à jamais. " Au fait, Vinz, Garance m'a envoyé une lettre. Elle lance la procédure d'annulation de notre mariage religieux. — C'est quoi cette histoire ? — Ben j'en sais rien, moi. Elle veut faire annuler notre mariage à l'église, apparemment un tribunal ecclésiastique va me convoquer. " Vincent a disjoncté immédiatement sous les oliviers. Il en a perdu son calme de légende, mon père de famille tranquille. " Elle se fout de la gueule de qui ? Elle t'a lâché au fond de l'hosto t'étais bousillé

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