Mulhouse, le 4 mars 2026.
Je suis face à un petit bonhomme, tout chétif, dont un simple murmure sort de la bouche quand il s’exprime. Sami, 9 ans, est « interviewé », en fait, par un de ses copains. « Tu verras, c’est des jeunes, ils veulent participer à un atelier d’écriture, apprendre à faire un journal, quoi… » Cyrille, notre co-préfet fakirien (avec Manuèle), avait juste oublié un détail, en chemin pour le centre social où je devais animer un atelier, à Mulhouse : nos apprentis journalistes étaient vraiment, vraiment jeunes. à partir de 4 ans, en fait. La plupart ne savaient pas encore écrire ! Alors, j’avais imaginé au dernier moment cette session d’interviews croisées : apprendre à écouter les autres, et à leur poser des questions, ça peut toujours servir, je me disais. Mais ça ne marchait pas : des questions fermées, des enfants un peu trop timides ou impressionnés. D’autant que le thème qu’ils avaient choisi, avant mon arrivée, n’était pas le plus facile : le harcèlement ! Et puis Sami s’est assis dans le fauteuil, a commencé à parler de cette jeune fille qui se faisait embêter. Et pourquoi, d’ailleurs ? « Ben, parce qu’elle avait la peau noire. Ils l’insultaient, et tout, et elle, elle était triste, elle se sentait mal dans sa peau.
— Elle est grande, cette fille ?
— Oh oui, elle m’arrive là, plus grande que moi&nb



