Amplepluis, le 1er juin 2026.
« Un allongé, s’il vous plaît !
— Comme vous ?, répond le gérant, l’air goguenard, en levant sa main au-dessus de sa tête.
— Voilà ! », je réponds en souriant du haut de mes 2,05 m, faute de répartie si peu de temps après le réveil.
Quelques minutes plus tard, un petit monsieur svelte, 75 ans je dirais, rasé du matin, béret gris sur la tête, entre à son tour dans le bar. Il semble avoir du mal à marcher, comme si son ventre le faisait souffrir.
« Salut la compagnie !, il lance, alors que nous ne sommes que deux dans le bar...
Le gérant : Salut Momo, comment ça va ce matin ?
— Mal !
— Un p’tit rosé, comme d’habitude ?
— Pourquoi “petit” ? Mais sinon t’as bon pour la couleur ! », lâche-t-il sans même un sourire.
Deux secondes plus tard, le gérant dépose devant lui un minuscule verre ballon rempli de rosé.
Momo : « C’est combien ton machin ?
Le gérant : 1,20 €.
— Quoi ? Je parie que tu le vends plus cher que tu l’achètes...
— Bah oui, faut bien que je gagne ma croûte ! Bon, quoi de neuf sinon ?
— Une omelette, il répond du tac-au-tac. Et toi, toujours pas à la retraite ?
— Non, il m’en manque...
— Il te manque quoi ?
— Des trimestres, pardi !



