"Le premier objectif du SCOT, c'est de contribuer à relever les défis environnementaux." Dans la salle des fêtes de Molliens-Dreuil, l'inévitable Power Point à l'appui, un jeune technicien en costume présente aux élus du coin le Schéma de COhérence Territoriale. C'est parfait, à l'écran : "Il s'agit de participer à la lutte contre les changements climatiques. À l'horizon 2050, nous devons diviser par quatre nos émissions de gaz à effet..." Une main se dresse dans l'assistance clairsemée, un conseiller municipal de Poix, je crois :
"Oui Monsieur ? s'interrompt le techno.
– Des grosses cylindrées qui tournent, à plein moteur, sur un circuit automobile, comme sur le Stadium Automobile qu'on nous prévoit, est-ce que ça participe de cette lutte contre les changements climatiques ?
– Pas exactement. Mais je me garderais bien d'intervenir sur ce dossier."
Et le technicien reprend son exposé : "Avec le SCOT, il s'agit également d'économiser les sols agricoles et naturels : l'équivalent d'un département est urbanisé tous les sept ans en France."

Un homme se lève, dans l'assistance, un conseiller de Croixrault cette fois :
"Vous vouliez ajouter quelque chose ? demande le techno.
– Oui. Parce que chez nous, avec le Stadium Automobile, on va bousiller soixante hectares de bonne terre. On parraine le SCOT en commençant par tout le contraire ! C'est plus la peine de faire le SCOT !
– C'est vrai, approuve le maire de Blangy-Tronville. Il faut éviter le



