Se secouer les puces
« L’été, on travaillait sous les tôles avec combinaison et cagoule, par 40°C, à mettre de l’arsenic dans des sacs. Au contact de la sueur, l’arsenic crée des plaies. Mon père qui a fait carrière là-bas n’avait plus de cloison nasale. » ça se passe en France, à Salsigne (dans l’Aude), où on trouve le site réputé le plus pollué du pays : si la mine a fermé en 2004, l’arsenic y a été utilisé pour en extraire de l’or (métal indispensable à la composition des puces électroniques) pendant des décennies, selon une étude du collectif StopMicro, Anatomie d’une puce.
Ne l’oublions jamais : les puces, que l’on trouve partout (dans nos cartes, nos téléphones…), n’existeraient pas sans l’extraction massive de minerais et de métaux, partout sur la planète, dans des conditions épouvantables. On a déjà documenté dans ces colonnes les ravages commis sur le continent africain, le travail forcé des enfants pour extraire les métaux. Dans les mines de cobalt et de lithium du Québec, les entreprises minières, en termes poétiques, parlent à propos de leurs employés de « viande à machine ». Dans son rapport, StopMicro nous apprend que ces mineurs sont usés à 40 ans, « les cheveux blancs et ridés à mort », tant ils endurent des conditions extrêmes.
L’étape suivante ? Voyons ce qu’on fait avec le silicium, par exemple. Composant de base des puces, il est usi



