Impôt sur le revenu : aplati
Le 14 juillet 1984, en direct sur TF1, "la gauche change de doctrine" – comme le titre Le Figaro : "Pour l'impôt sur le revenu, annonce François Mitterrand, ce sera la plus forte baisse des impositions fiscales depuis la Libération." Jusqu'alors – et depuis Jaurès (voir p. 16) – les socialistes ont toujours soutenu les "impôts progressifs" : qui taxent en fonction des richesses. Mais voilà qu'au milieu des années 80, ils font machine arrière. Un gouvernement après l'autre, dans ces années 80, s'engage alors une véritable course à la baisse d'impôts : "réduction probable de 3 % à 6 % de l'impôt sur le revenu en 1985" (Le Monde, 8/05/84), "Édouard Balladur a confirmé qu'il allègerait l'an prochain d'au moins 6 milliards de francs l'impôt sur le revenu" (Libération, 10/07/87), "allégements fiscaux : les bonnes surprises de 1989" (Le Figaro, 16/11/88). Et même au sein des gouvernements, on se livre bataille : alors qu'aux Finances, Édouard Balladur promet, en 1987, "22 milliards de réductions", son ministre du Budget, Alain Juppé, surenchérit et "annonce qu'il réalisera au moins 27 milliards d'allègements fiscaux" (Libération, 04/08/87). Les taux d'impositions sont rabotés – et surtout, se multiplient dès cette époque les "ristournes fiscales" : "Comment réduire ses impôts ?", titre Le Figaro. Avec la liste des combines : "Achetez votre résidence principale à crédit", "Profitez de la déduction Monory



