« J’ai pris connaissance de votre courrier reçu le 28 juillet 2022 par mail, dans lequel vous sollicitez la rupture conventionnelle de votre contrat de travail à durée indéterminée. Comme je vous en ai informé lors de nos échanges, j’ai le regret de ne pas pouvoir répondre favorablement à votre demande. »
Le courrier recommandé, reçu chez moi, était clair. Après onze mois de contrat « suspendu », sans salaire, sans aucune indemnité, puni pour non‑respect des recommandations sanitaires officielles, je m’étais décidé à quitter mon lieu de travail. La demande de rupture conventionnelle était l’occasion, si elle était acceptée, de partir avec une indemnité de chômage pour laquelle je cotisais depuis plus de vingt ans.
Néanmoins, la direction nationale de France Handicap, réunie à Paris, qui ne me connaissait pas, estimait que deux décennies de travail en tant qu’éducateur spécialisé, sans faute, quasiment sans absence, apprécié par les enfants et leurs familles, incarnant « la stabilité et la sérénité », selon les propres termes de la directrice de l’établissement amiénois, tout cela ne méritait pas une rupture à l’amiable. En clair : « Vous ne voulez pas rentrer dans le moule ? Démerdez‑vous ! »
Il ne me restait qu’à démissionner, et partir avec les poches vides. La démission, un territoire quasi‑inconnu pour moi. J'en ai donné deux, jusqu’à présent, alors que j‘étais encore un jeune
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Publié le 3 mars 2023
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