ZIED
Chavanes, rue des Acacias.
9 décembre 2011.
"On vient voir la maman d'Ahmed.
On peut rentrer ?
— Vous êtes qui ? Vous êtes des inspecteurs ?
— Non, on est des amis..."
À l'intérieur de la maison, il y a un monde fou. Une dizaine de dames voilées prient, agenouillées, face à un grand écran qui montre la Mecque en direct. On nous fait une place sur le canapé, juste à côté de la mère d'Ahmed.
C'est Céline qui m'a embarqué là-dedans.
Conseillère à la mission locale de Chavanes, elle suivait Ahmed, 23 ans, depuis plusieurs mois. Elle l'adorait, ce jeune qui cherchait du boulot et lui amenait des gâteaux. Il y a quelques semaines, Ahmed a cambriolé une baraque à la campagne avec un copain. Les voisins, de retour de la chasse au sanglier, l'ont abattu d'une décharge de plombs en pleine tête. Son pote Maxime a réussi à s'échapper. Après une courte garde à vue, le meurtrier a été libéré. Depuis, Maxime s'est rendu à la police : lui est en prison.
Les flics l'ont joué vachement psychologue : "J'ai été convoquée au commissariat, nous raconte la mère. Je n'étais au courant de rien, et un policier a commencé à me poser un tas de questions sur Ahmed. Au bout d'un moment, il s'est penché vers moi, front contre front : j'ai cru qu'il allait me frapper. “Mon fils il est mort ?”, j'ai demandé. Il a crié à ses collègues : “Elle a compris toute seule !” " Quelques heures p



