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Journal fâché avec tout le monde. Ou presque.

Alors, qui c’est les plus maliens ?

Des sans-papiers face à un grand groupe d’assureurs, c’était perdu d’avance… Sauf quand les voisins, les curés, un syndicat, les huissiers et même les flics s’en mêlent !

Publié le 2 juin 2017

" Cette merde, personne ne veut la nettoyer. Y a de l'amiante, du plomb, on n'a pas de combinaisons, pas de masques. Juste des barres à mine et des machettes. Un gars est venu, il a tenu deux semaines… Ce travail, personne ne veut le faire. A part nous. " A l'entrée de l'immeuble, rue de Breteuil, il m'avait fallu montrer patte blanche. Ou plutôt dribbler les vigiles qui refoulaient journalistes et autres curieux. Assis sur des portes désossées, qui leur servent de lits depuis la veille, ça les étonne presque, Mahamadou et ses collègues maliens, qu'on les vire de leur chantier. Certes, il y a la vue dégagée sur le dôme des Invalides, dans ce très huppé VIIe arrondissement. Mais pour le reste, le curetage de l'immeuble n'a rien d'une sinécure. Ces murs pourris appartiennent à Covéa, grand groupement d'assureurs (GMF, MAAF, MMA) " au service des valeurs de l'économie sociale ", dixit l'entreprise. Mais le social, ça va un moment. Là, Mahamadou, Dipa et leurs potes, tous sans-papiers, ont déconné. Vraiment. Sous prétexte que Yassa, un jeune ouvrier, est tombé du premier étage où il bossait sans barrière de sécurité et qu'il s'est légèrement brisé le bras, ils ont eu ce réflexe fou : appeler les pompiers. La veille, déjà, l'un d'eux avait dû courir à l'hôpital, à moitié éborgné. MT Bât, la boîte sous-traitante, n'apprécie guère la plaisanterie. " Le patron, même si Yassa avait eu le bras coupé, il n'en avait rien à foutre, est

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