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Journal fâché avec tout le monde. Ou presque.

Le mauvais Saur de Jojo

On n’osait même pas lui demander un verre, à Jojo : ça lui ruine sa ferme, sa santé, sa vie, ces histoires d’eau. Tant que les multinationales et les mafieux locaux pourront l’essorer… Mais comme le « Jojo » de Brel, le nôtre espère, encore.

Publié le 15 septembre 2023

Cappy, mars 2023. « Vous voulez boire un truc ? Bière, café ? » On osait à peine demander un verre d’eau, mais le maître des lieux nous rassure. « J’vais quand même pas m’arrêter de prendre de l’eau. Faut bien que je donne à boire à mes bêtes. Tu sais qu’une vache ça boit cent litres par jour ? Après, on fait attention : on essaie de récupérer l’eau de pluie, on se débrouille ». Dans sa combinaison verte, Georges Noyelles, 56 ans, sourire vissé sous ses lunettes, nous accueille dans sa ferme en briques rouges. Il l’a reprise des parents, en 1995. « Ici, tout le monde m’appelle Jojo. Vous avez des bottes ? » On se regarde comme des cons de citadins. « Vous allez en avoir besoin... » Si on a les pieds dans la glaise, sous un crachin glacé en ce début de timide printemps, c’est en suivant Mike, un ancien de Fakir qui a grandi dans ce bled, Cappy, à 40 bornes d’Amiens. Des lustres qu’il nous tanne avec Jojo, son ami d’enfance qu’il faut aider, qu’est dans la merde, celui « qui m’emmenait en boîte quand j’étais jeune ». Maintenant, Mike y envoie son gosse, à la ferme à Jojo, de temps en temps, histoire que le gamin voie des poules autrement qu’en chocolat. Pour l’heure, Jojo a surtout le robinet vigilant, donc. Mais pas vraiment à cause de la sécheresse hivernale. « Je crois que dans la Somme, la dernière restriction d’eau, c’était en 1976. » Non, Jojo mène une guerre de l’eau plus terr

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