Pierre Polard, 52 ans, consultant en finances publiques, maire de Capestang (Hérault) depuis 2014, 3133 habitants.
Quoi ?
« Comme les villages à côté, on a tenté de faire venir des médecins libéraux. Mon prédécesseur avait fait construire un bâtiment, avec de quoi accueillir trois cabinets. J’ai perdu un an à en chercher avant de comprendre qu’il ne suffisait pas d’offrir de bons locaux pour qu’un médecin décide de s’installer ici. Pareil pour les incitations financières, ça ne sert à rien. Du coup je me suis dit : "Et si la commune leur proposait le salariat ?" Et tout ce qui va avec : la garantie des 35h, des congés payés, centrer leur activité sur la seule consultation en déléguant les tâches administratives et la gestion des locaux... La mairie encaisserait le prix des consultations auprès de la Sécu et des mutuelles, et on reverserait un salaire fixe aux médecins. »
Pourquoi ?
« Quand j’ai entamé mon mandat, on ne me parlait que de ça : "Pourquoi on n’a pas de médecins ?" C’est un truc très concret, qui touche le quotidien de chacun. Le premier CHU est à une heure en voiture, à Montpellier. Les urgences de Béziers sont constamment sous l’eau, parce qu’on ne trouve plus de médecin en zone rurale. Et les médecins qui sont restés n’acceptent plus de nouveaux patients. Le système craque de partout. »
Comment ?
« Le casse-tête administratif a démarré. J’ai passé neuf mois à me démener au



