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Journal fâché avec tout le monde. Ou presque.

La tournée des grands brûlés

En cette fin d’été, je suis retourné voir Mohamed, dont la salle de boxe avait brûlé. Et puis Malika, et Agnès, et les commerces partis en fumée. D’Amiens à Rouen, tout ça raconte une humanité abandonnée.

Publié le 15 septembre 2023

[sommaire] « J’en veux beaucoup à la mairie parce que, il y a cinq ans déjà, j’ai subi une agression, un mois allongé dans un fauteuil. Je me suis tu, j’ai porté plainte mais pas plus, pour ne pas ternir l’image du quartier. J’ai juste demandé à déplacer la grille : qu’elle soit dans la continuité du collège. Eh bien, pour déplacer cette grille, ça fait cinq ans de bataille avec eux ! » La salle de boxe de Mohamed Oudji, à Étouvie, a brûlé, calcinée durant les émeutes. Pour ne pas « lâcher le terrain », pour « marquer le territoire », le samedi matin, il entraîne ses élèves sur le parking. « Ces deux dernières années, on l’a senti monter, la cocotte-minute. Mes licenciées, ce sont 65 % de femmes. Alors, les jeunes se mettaient aux fenêtres, ils mataient, je les empêchais. C’était un peu la guerre. Ils m’ont fait payer ça. Avec une grille, ma salle n’aurait pas cramé. Un jour, les gens de la mairie sont venus, ils ont discuté, pris des mesures, j’ai dit à ma femme : "C’est bon ! Tu vois, ça vaut le coup de se battre, d’insister !" Mais non, rien derrière. Au bout d’un an de réunions, ils m’ont proposé deux caméras au-dessus de ma porte… Bah non, n’importe quoi ! Pour que les jeunes disent que je suis une balance ? Le 20 juin, encore, dix jours avant les émeutes, j’ai envoyé un message à Madame le maire, pour lui demander la barrière... Je suis à 70h par semaine, je touche 2000 € par mois,

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