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Le rail sacrifié

Avec ses subventions déguisées, la route tuait déjà le rail. Mais les gouvernements ont, en plus, choisi de carrément euthanasier le fret ferroviaire. Retour sur le démantèlement de tout un secteur.

Publié le 9 mars 2016

Un coup d'œil à cette courbe suffit : deux périodes sont à distinguer, avant et après l'an 2000.

1984-2000 : le déclin tranquille

" À la gare de Corbie, se souvient André, cheminot dans la Somme, je m'occupais de la réception et des envois de marchandises. On faisait surtout les campagnes de patates, avec Roquette, à côté, on transportait les fécules, l'amidon, mais aussi des aliments pour chiens, des couronnes de fer, des grumes de bois. Et puis on a vu les clients partir. Étrangement, Roquette a fait des travaux pour améliorer son embranchement, et juste après, ils ont tout passé par camion. On a vu les dessertes fermer, les rails étaient recouverts de bitume, ça nous paraissait une fatalité : on avait un fonctionnement rigoureux avec la sécurité, moins flexible que la route, sur le juste-à-temps, sur les prix, on ne pouvait pas suivre le camionnage. En 1992, ils ont supprimé mon poste, c'était fini. " C'est l'époque du déclin tranquille : avec une route dopée, défiscalisée, dérèglementée, le rail n'est plus compétitif. Qu'on observe ça, cependant : si, en pourcentage, la part du train diminue – de 26 % à 16 % –, en revanche, en volume, la SNCF se maintient : 57,7 milliards de tonnes/kilomètre en 1984, et elle remonte à exactement autant, 57,7 en 2000. Comment résiste-t-elle ? À travers son parcours à la SNCF, Philippe Mühlstein l'explique : " Quand je suis nommé chef de gare à Do

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