25 mars 2013 – Aire de Solaize
L'autostoppeur*]
"À bientôt chez Total !", me sourit la dame sous un panneau Croq'malin. Un café à la main, je sors de cette aire d'autoroute lyonnaise. Je me roule une clope, je... Mais c'est ma bagnole, là-bas ! Qu'est-ce qu'il fout ? Un type... Il est en train de charger plusieurs gros sacs dans mon coffre. Je le regarde de loin... Il finit par s'installer sur le siège avant en se lissant la moustache, l'air vachement content.
Je me permets de rentrer dans ma caisse :
"Vous allez où ?, il se renseigne.
– En Ardèche.
– Bon, ça m'avancera un peu, deux cents bornes, quoi. On y va ?"
Comme il avait l'air pressé, j'ai pas voulu le contrarier, et on est partis tout de suite.
Marseillais de naissance et de cœur, Michel s'est fait bruxellois il y a bien longtemps, dans les débuts de Mitterrand. "J'étais à la fac, et tous les profs nous gonflaient avec l'Europe. Là y avait du boulot, là c'était l'avenir, il fallait bâtir le monde de demain, et les traités européens, et la libre circulation, et qu'il y aurait bientôt de nouvelles institutions... Bruxelles, c'était une espèce de paradis. On nous disait d'y aller, bon, du coup j'ai suivi, j'ai fait un master de droit européen. À l'époque, c'était la voie royale pour être fonctionnaire à la Commission." Simplement, par la suite, Michel en avait passé plein, des concours. Et y avait plein de Michel qui les passaient aussi, et des étudiants brillants, et encor



