« Oui, j'ai peur de la mort. Et de perdre mes parents. J'entends des voix, des bruits… » Olena a douze ans, et un quart de sa vie s’est écrit dans la guerre. Son existence se poursuit, aujourd’hui, au sein de l’antenne de pédopsychiatrie de Boyarka, à quelque 70 kilomètres de Kiev…
Comment je m’étais retrouvé là, face à cette enfant, au milieu de l’Ukraine ?
Tout avait commencé sous le crachin breton par un tour de clé, un moteur qui ronronne, et un signe aux chauffeurs qui démarraient pour un périple de 3000 kilomètres. Dans une semaine, si tout va bien, les trois camions arriveraient dans la région de Kiev avec un précieux chargement : des générateurs électriques. Fabriquées à Plérin, dans les Côtes d'Armor, les machines avaient été commandées par l'association Aide médicale et caritative France Ukraine (AMCFU). « L’objectif, c’est faire face aux nombreuses coupures de courant dans le pays, car toutes les installations sont bombardées par les Russes », m’avait expliqué Diana Dols, la présidente de l’asso, dont je couvrais l’initiative. « Il faut principalement équiper les établissements de santé. On fait appel aux dons, parce que chaque générateur coûte près de 20 000 €…
— Et… ce serait possible de vous accompagner sur place ? » Je la sondais, candide, sans trop y croire. « Mais oui, bien sûr ! »
Voilà comment je



