« En vente, tu vas passer un bac pro pour aligner des boîtes de petits pois chez Auchan. Leur premier stage, c’est en supermarché, payé par l’Éducation nationale ! » Depuis le sud-ouest de la France où elle vit, Évelyne ne décolère pas, dans le mail qu’elle nous envoie : elle tique, sacrément, sur les indemnités de stage versées aux élèves de lycées professionnels. 50 euros par semaine pour les Secondes, 75 pour les Premières, 100 euros pour les Terminales...
Évelyne : « Si je calcule bien, ça fait 355 millions d’euros à la louche, en comptant les CAP. Et c’est nous, les profs principaux, qui devons rentrer leur IBAN, récupérer tous les papiers. Comme si on n’avait pas assez de boulot comme ça ! Surtout qu’avant, les stagiaires ne touchaient rien, ça faisait partie de leur formation, à part un billet de l’entreprise s’ils avaient bien bossé.
Fakir : Mais c’est plutôt une bonne chose, non, de rémunérer les élèves pour leurs stages ?
— Oui, les gamins sont contents, et tant mieux pour eux, mais ce qui me pose souci, c’est que l’État paye des élèves pour qu’ils travaillent en entreprise. Cet argent, on pourrait mieux l’utiliser, par exemple en embauchant plus d’AESH, et en les payant mieux. J’ai calculé : à 25 000 brut par an, ça représenterait 14 000 postes en plus !
— Ah oui, quand même…
— On en aurait plus en classe, elles



