Dans la « chambre de la fureur »
Elle, janvier 2026.
Vous choisissez une batte, une masse, ou même une hache. Et vous défoncez tout dans la pièce. Et plus c’est gros, plus c’est cher : voilà le principe des « Fury room », ou « Rage room », un concept venu du Japon depuis les années 2010 où les salariés qui passent leur vie à faire des heures sup’ ont pris l’habitude de se défouler de la sorte. On voit ces centres fleurir un peu partout, et « entre 300 et 600 personnes », licenciés, divorcés, excédés, passent chaque semaine dans l’un d’eux, à Paris. Vous pouvez y choisir la formule « Standard », à 25 € la demi-heure, où vous cassez des assiettes, un clavier d’ordinateur. La formule « Rage », à 50 €, pour péter de l’électroménager. Mais je vous recommande la formule « Apocalypse », où pour 70 € vous pourrez passer vos nerfs sur une voiture…
Clavier, voiture, écrans : autant d’objets qui nous aliènent. Le problème : c’est une colère contenue dans une cave. Tout est désormais monétisé, même le fait de se défouler : ce système dans lequel nous sommes tous pris trouve encore le moyen de se faire de l’argent sur notre mécontentement. L’autre versant, c’est qu’on ne veut plus s’en prendre au capitalisme, rejoindre un syndicat ou un parti pour changer la vie via les rapports de forces : on préfè



