« Faut que tu voies Patrick, c’est un expert de la forêt.
— Rhoo, tu sais, moi, les ‘‘experts’’… Je préfère rencontrer les gens, qui ont des vraies histoires à me raconter plutôt que les sachants qui devisent. C’est vraiment obligé d’y aller ?
— Ah non mais t’inquiète, tu vas voir le personnage ! C’est un bûcheron ! Et un artiste, aussi, il peint ! Et il interpelle les dirigeants dans les congrès, il les engueule…
— Bon, bon… »
Dans le fourgon, tôt ce matin-là, je bougonne, mal réveillé. Je ne sais pas trop où m’entraîne Cyrille (avec deux « L », lui), notre préfet fakirien sur Mulhouse, mais sa bagnole file vers la maison de son pote Patrick, alors qu’on a toute une liste de rendez-vous derrière. La journée s’annonce très chargée, alors commencer avec un « expert »...
Enfin, bref.
On se gare dans la rue, devant la maison.
C’est de bric et de broc, le jardin ressemble par endroits à un décor de cinéma, avec poutres et panneaux. « La femme de Patrick adore ça, c’est elle qui aménage comme ça », glisse Cyrille. Les deux chiens nous accueillent, deux borders collies tout gentils, une assez âgée, l’autre qui saute partout.
Patrick apparaît au fond du jardin, il est pas bien grand, les yeux en amande, plissés et rieurs sous sa tignasse. « Venez, venez, restez pas là… » Il a les mains épai



