L'AVOCAT
Orcival, restaurant Les Rosiers.
24 janvier 2012.
Je bouffe au resto avec l'avocat
de la famille. Un ténor du barreau, lui, adjoint UMP à la Sécurité dans la métropole d'à-côté.
"Je vais tout faire pour que ce procès se déroule aux assises. Mais vous savez, on n'en est pas là. L'instruction n'est pas close, et le tireur n'a même pas été mis en examen...
— Il y a un mort par arme à feu, et vous n'êtes pas sûr d'aller aux assises ?
— Loin de là. Vu la tournure qu'a pris l'affaire, on peut très bien se retrouver devant un tribunal correctionnel, avec des “violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner”. Je n'ai jamais vu ça : un tueur qui n'est pas mis en examen ! Il est entendu comme “témoin assisté” ! Son audition est très rapide, sans aucune question contradictoire... Il y a eu un travail de la police.
— Qu'est-ce que vous appelez un “travail de la police” ?
— C'est lorsque la police prend parti de façon flagrante dans une audition. Là, quand vous lisez les PV, le père et le fils ont raconté ce qu'ils ont voulu, et on les a laissés partir. Le père est gendarme retraité, le fils agriculteur, ce sont des gens qui n'avaient jamais fait parler d'eux, des gens tranquilles... En face, un arabe, drogué, repris de justice, qui cambriole une maison : la police a considéré que la justice était passée.
La chasse était ouverte... C'est pour cela que c'est u



