Suer sang et eau
Ce qui frappe avec les métiers de l’eau, c’est le faible niveau de rémunération des salariés en bas de l’échelle, alors que sans ces professionnels quelques jours suffiraient pour qu’on meure assoiffés. Les agents d’entretien des stations de traitement, qu’ils soient salariés du privé ou employés municipaux, perçoivent le Smic. Les techniciens d’exploitation des structures de pompage, de transport et de dépollution, recrutés à Bac +2 ou +3, touchent 1800 euros. Quant aux directeurs de ces installations, titulaires d’un master ou d’un diplôme d’ingénieur, ils se hissent péniblement au niveau du salaire médian. Une goutte d’eau comparée aux salaires versés au sommet de la hiérarchie chez Veolia, Suez et la Saur, les empereurs du secteur.
C’est pourtant eux qui effectuent les travaux pour que, des châteaux d’eau jusqu’aux habitations, l’eau circule, eux aussi qui posent les conduits d’évacuation des eaux usées. Eux qui sont exposés à des bioaérosols, cocktails nauséabonds de pathogènes qu’ils inhalent, tout comme les projections, virus et moisissures. Les enquêtes menées sur le terrain indiquent que malgré la fréquence des polypathologies déclarées par les personnels des stations d’épuration – dermatoses, affections pulmonaires, troubles intestinaux… – les masques FFP2 et gants étanches qui devraient être à leur disposition ne leur sont pas toujours fournis. Ré



