C'était "Faites un effort pour l'entreprise".
Dès huit heures du matin, ce week-end, Corine s'énerve dans sa cuisine, courant entre le rôti qui cuit dans le four, la machine à café, les oranges à découper. "Mais moi, ce discours-là, je ne pouvais plus l'entendre. Parce que des efforts, j'en fais tous les jours depuis dix-huit ans. On balaie, on nettoie le parking, on passe l'auto-laveuse, on met en rayon, quand y a du monde, on passe en caisse. Et le soir, quand un client arrive à sept heures moins cinq, ou quand une livraison a du retard, ou quand un frigo lâche et qu'il faut tout transférer, on fait du bénévolat pour ED. Alors, vous voyez, tout ça, me demander de faire un effort de plus et d'ouvrir le dimanche, je me suis dit : non." Et avec Corine, non c'est non. C'est même 66 fois non : elle se prépare, aujourd'hui, pour son 66e dimanche de grève.

Efforts invisibles
"On descend de la montagne pour virer Sar-ko,
On descend de la montagne pour virer Sar-ko…"
Sur le parking d'ED, le comité d'accueil est fourni, bien une centaine de personnes, avec chorale, galette des rois, vin chaud, la moitié du conseil municipal, monsieur le maire, des élus de la Région, du Département, un genre de forum, une agora au milieu du béton, des pompes à essence, des caddies. La sono couine. "Si on est tous rassemblés aujourd'hui, annonce Fabienne (de Géant), c'est grâce à Bernard… Si si, Bernard… ne va pas te cacher… grâce à Bernard qui anime not



