" Ca fait trois drames, trois, en combien ? Pas longtemps. "
Thierry est éduc', à Brive-la-Gaillarde, dans une asso d'aide sociale à l'enfance.
Il en a " marre ", qu'il dit, mais on peine à le croire tant il énonce ça calmement. Il n'en " dort plus ", des fois, sa collègue non plus, culpabilise, se demande où il a " merdé ".
C'est quoi, votre dernier cas ? - C'est un bébé, un bébé de trois mois. Il a une jeune mère, de quinze ans, et donc ils logent chez la grand-mère, la quarantaine, qui vient aussi d'avoir deux jumeaux, et chez cette dame, il y a beaucoup beaucoup de passage. Les gens viennent, ils rentrent, ils sortent, le bébé est posé là, avec le chien autour, on ignore qui s'en occupe. Et donc nous, on estimait qu'il y avait un danger ambiant, pas avéré, sans malveillance, mais on ne sait pas, un oubli, une chute. On préconisait de placer la mère et l'enfant dans un centre maternel, et notre chef de service était d'accord. On passe devant le Conseil Départemental, la Commission des affaires préoccupantes, un psy, un médecin PMI, etc., mais eux, ça ne les préoccupait pas : si on devait placer tous les enfants avec un souci, ils nous disent… Mais enfin, ils n'émettent qu'un avis. Donc, on retourne défendre notre dossier devant la juge : ‘Le centre maternel permettra de mieux approfondir le lien mère fille', mais on n'a pas su être convaincant, parce que la juge ne nous a pas suivis. C'est intéressant aussi, un juge qui



