Le Cannet-des-Maures, le 20 mars
C'était sur le rond-point du Cannet, près de Toulon. En hommes du Nord, nous venions de perdre une partie de pétanque contre les Gilets jaunes sudistes, sur un terrain improvisé, derrière leur tour Eiffel en palettes. On allait partir, humiliés, quand Hélène m'a remis une enveloppe. Encore une. À chaque étape, je ramasse des tonnes de courriers, de livres, de manuscrits, de confitures, de bouteilles... Dans le camion, en roulant, je déchiffre la lettre : « Je suis la maman d'un enfant de sept ans atteint d'un cancer depuis deux ans et demi. » Sonia, dedans, racontait son « parcours particulièrement chaotique et douloureux ».
Je l'ai appelée dans la foulée, faut battre le fer tant qu'il est chaud, et elle était prête à se battre, justement, Sonia. On a calé un rendez-vous pour le soir même, au Cannet toujours.
Tandis que, dans la nuit, J'veux du Soleil était projeté sur l'Arc de triomphe, avec des centaines de GJ devant, on s'est réfugiés dans la voiture, portes fermées, feux éteints. Et dans cet habitacle-cocon, elle m'a confié ses malheurs :
« La maladie, on a presque honte de le dire, mais ce sont aussi des gros ennuis financiers. Ça s'ajoute à la peine. Depuis onze mois, je suis tous les jours à l'hôpital, je dois faire des allers-retours avec ma voiture, je ne peux pas travailler... Alors qu'en plus, il y a des frais assez lourds : par exemple, à cause de ses allergies, je dois faire des efforts



